L’EMDR préconisé par l’OMS


L'EMDR : L'Œil Contre le Stress Post-Urgence

Par Sciences et Avenir avec AFP - 13 juin 2018

Un passage aux urgences peut laisser des séquelles psychologiques. Cependant, une simple séance d'EMDR pourrait éviter ces troubles. En effet, l'EMDR, ou "désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires", est une technique qui permet de "reprogrammer" le cerveau.


Une Solution Précoce et Efficace

Ainsi, une unique séance d'EMDR, effectuée dans les six heures suivant l'admission aux urgences, pourrait éviter les troubles post-traumatiques. De plus, ces troubles peuvent d'ailleurs durer plusieurs mois. De fait, maux de tête, irritabilité ou encore difficultés de concentration sont fréquents. D'ailleurs, selon l'Inserm, un patient sur cinq souffre de symptômes divers après un passage aux urgences. C'est ce qu'une étude girondine, publiée dans The Journal of Psychiatric Research, révèle.


L'EMDR Réduit les Troubles de 75%

Afin de contrer le "syndrome post-commotionnel" ou le "stress post-traumatique", des chercheurs ont agi. Ceux du "Bordeaux Population Health Center" et de l'hôpital de Cadillac ont mené une expérience depuis 2007. Par conséquent, ils ont évalué l'EMDR sur 130 sujets aux urgences. Cette approche thérapeutique est reconnue. D'ailleurs, elle a prouvé son "efficacité à diminuer jusqu'à 75%" ces troubles. Le protocole implique des stimulations bilatérales alternées. Cela peut être des mouvements oculaires (balayage horizontal ou vertical). Par ailleurs, si l'état du patient ne le permet pas, on utilise des tapotements des genoux ou des épaules.


Des Résultats Probants

Les 130 patients ont été répartis au hasard. Le premier groupe a reçu une séance d'EMDR de 60 minutes. Ensuite, le second a eu un entretien de 15 minutes avec un psychologue. Enfin, le troisième n'a reçu aucune prise en charge.

Trois mois après, les résultats étaient clairs. Ainsi, dans le premier groupe, 15% des sujets souffraient de "syndrome post-commotionnel". Le deuxième enregistrait 47%, et le troisième 65%. Quant au "stress post-traumatique", les proportions s'élevaient à 3% pour le premier, 16% pour le second et 19% pour le troisième.


Un Avenir Prometteur

Cet essai, une première mondiale, est concluant. En effet, il "montre qu'une intervention EMDR brève et ultra-précoce est réalisable", selon Emmanuel Lagarde, directeur de recherche Inserm. Elle est "potentiellement efficace". De ce fait, une nouvelle étude confirmera ces résultats. Elle a débuté en janvier 2018. La même équipe la mène aux CHU de Lyon et de Bordeaux. Elle inclut plus de 400 patients. Les conclusions sont attendues fin 2018.